Achetez ce numéro
– Les prix sont en dollars canadiens et incluent les frais de port. Les taxes sont en sus.
– Veuillez noter que ces tarifs sont sujets à changements sans préavis.
– Le client est responsable des frais de dédouanement, qui varient d'un pays à l'autre.
S'abonner au magazine
Résumé Contribuer à inscrire l'activité intellectuelle dans le cours normal des choses
Éditorial de Giovanni Calabrese
Le lecteur tient entre les mains le premier numéro de Philo & Cie, magazine consacré à la philosophie et aux sciences humaines et sociales, qui paraîtra trois fois par année, en janvier, en mai et en septembre.
Puisque cette publication est une émanation des éditions Liber, il est bon de rappeler que la maison publie depuis plus de vingt ans maintenant des ouvrages dans ces domaines. Le projet de mettre sur pied, parallèlement à cette activité éditoriale, une plate-forme périodique d’information, de réflexion et de débats dédiée à ces matières est assez ancien. Non pas pour servir de simple relais aux seuls titres de la maison, mais pour contribuer à assurer, dans le même sens qu’elle mais au delà de ses intérêts immédiats, une présence plus forte, dans l’espace public, de l’activité intellectuelle et de ses œuvres. L’ambition a en somme toujours été de créer un lieu où la pensée plus élaborée et plus exigeante puisse trouver à s’exprimer à l’intention d’un public cultivé et motivé désireux de disposer d’une circulation fluide, plurielle et constante de faits et d’idées de nature philosophique ou scientifique.
Certes, contrairement à ce qu’on déplore trop souvent, des lieux similaires ne manquent pas, depuis les pages qu’ouvrent régulièrement les quotidiens aux réflexions de fond jusqu’aux innombrables sites virtuels d’échange et de discussion, en passant par les revues savantes, qui permettent à la connaissance spécialisée et à la critique soutenue de se faire entendre. Philo & Cie ne vise évidemment pas à remplacer ces organes, mais à se joindre à eux, en proposant tout de même, dans le format populaire du magazine, un contact plus simple, plus varié et plus dynamique avec la recherche et la réflexion que les revues savantes, un accompagnement plus soutenu et plus complet de la vie intellectuelle que ce que peuvent offrir les quotidiens, et une tenue éditoriale plus maîtrisée que ce qu’on retient le plus souvent des sites virtuels.
Il y a un dernier trait de l’esprit qui nous anime sur lequel nous voudrions insister : nous lançons Philo & Cie dans l’intention bien ancrée de l’inscrire dans la durée. Nous n’ignorons pas en effet l’écueil le plus fréquent sur lequel échouent souvent les projets comme le nôtre, nous voulons dire l’essoufflement, qui résulte tour à tour et tout à la fois de la fatigue due à la lourdeur de la gestion d’un périodique, d’un financement toujours insuffisant, de la difficulté de renouveler les thèmes et de suivre l’actualité, du manque de collaborateurs crédibles, disponibles et fidèles. Or, à cet égard, l’assise plurielle que les éditions Liber fournissent au périodique ainsi que l’expérience de leur personnel souhaitent rassurer. Mais c’est, déjà dans ce premier numéro, la confiance de plusieurs annonceurs, la réponse sans ambiguïté d’un grand nombre d’abonnés et la collaboration enthousiaste d’auteurs chevronnés qui sont porteuses du plus grand espoir de faire de Philo & Cie un magazine durable et utile.
Un magazine en tout cas qui accompagnera, alimentera et contribuera à animer la vie intellectuelle québécoise. Sous toutes ses formes. Sans entrer dans le détail technique de la composition de la publication et de ses rubriques, rappelons qu’il s’agira chaque fois, dans un premier temps, de faire le point sur un thème donné, peu importe qu’il provienne de la tradition ou de l’actualité, qu’il s’agisse d’une notion, d’un concours de faits ou d’un individu ; dans un deuxième temps, on accueillera une série d’interventions plus ponctuelles ou plus circonstancielles — opinions, brefs essais, commentaires, entrevues, comptes rendus de livres, etc. — ; enfin, un agenda informera le lecteur sur les événements à venir (conférences, publications, colloques, rencontres et ainsi de suite). De livraison en livraison, nous espérons ainsi contribuer à la diffusion de ce que la philosophie et les sciences humaines et sociales peuvent nous apprendre sur le monde qui est le nôtre en inscrivant leur apport de la manière la plus naturelle possible dans l’espace commun normal de la vie sociale.
On se demandera peut-être pourquoi c’est le pouvoir qui occupe la partie thématique de ce premier numéro. La première réponse qui vient à l’esprit est: pourquoi pas ? Car la question se serait sans doute posée pour n’importe quel autre thème. Il faut bien pourtant commencer. À cet égard, ce premier numéro ne formule pas de programme, fût-il implicite, ni n’est dicté par une idéologie. Il reste que le thème du pouvoir, avec ses compléments que sont les contre-pouvoirs, l’autorité, l’influence, la hiérarchie, etc., permet de brosser un portrait général et tout à fait actuel de nos sociétés, avec ce qu’elles ont de déstabilisant, de dynamique, d’exaltant et de risqué. Ce n’est bien sûr pas le seul angle sous lequel considérer notre présent, et nous ne manquerons pas de le prouver, mais il permet dès maintenant de camper un peu la scène sur laquelle nous ne cesserons de réfléchir.
Mais assez dit. Il appartient au lecteur de découvrir par lui-même ce que nous avons essayé de faire entendre ici.
|