Tout le monde croit savoir ce qu’est la haine, mais pour peu qu’on s’y frotte, la chose s’avère épineuse. Certains pensent qu’à l’instar de l’amour la haine relève de l’expérience courante qui porte en elle son évidence propre et ne saurait donc se prêter à une définition. La littérature, le théâtre et le cinéma ne sont-ils pas dès lors mieux placés pour en témoigner, pour en épouser et explorer les plis et replis particuliers ? D’autres, pourtant, aiguillonnés par cette énigmatique passion qui tantôt nous détourne du mal, tantôt nous y pousse, ont cherché à penser ses liens avec la colère, l’envie ou le mépris, ont exploré ses sources psychologiques, sociales comme politiques en espérant l’endiguer, la combattre, voire, chez les plus optimistes, y mettre fin.
La haine • François Dugré, La haine de Dieu ; Yannick Lacroix, Une haine sans nom. Réflexions autour, du racisme anti-Blancs ; Bassam Adam, Au-delà de la haine comme projet social ; Jacques Cardinal, 1984 : le régime totalitaire de la haine de soi ; Raphaël Arteau McNeil, Le visage de la haine ; Nicholas Belleau, L’honneur des bâtards.
Sous peine d’être ignorant • Patrick Moreau, Antigone et l’esprit tragique.
Chronique de la fin d’un monde • Daniel Tanguay, Lettre à Madame de Staël sur l’art perdu de la conversation.
Contributions libres • Hassan Fattahi, Vie et mort en Iran, regard sur les rituels funéraires ; Pierrette Beaudoin, Israël, la marche folle vers l’abîme ; Léandre St-Laurent, La « révolution » économique trumpienne : une drôle de « lutte de classes » ; Stéphane Chalifour, Le fétichisme de la réussite.