La situation était déjà préoccupante avant ChatGPT. Mais, depuis novembre 2022, l’éducation est purement et simplement en crise : au primaire, au secondaire, au cégep et à l’université, tout est remis en question. Faire lire et écrire était déjà un défi ; voilà ce qu’il est maintenant possible de sous-traiter à une intelligence générative. Devant ce bouleversement inédit, les professeurs improvisent et le ministère temporise. À la question « Que faire ? », nous souhaitons répondre par une autre question, plus tranchante, plus radicale, en définitive plus simple : l’éducation est-elle encore tout simplement possible ?
Cette question en appelle d’autres : quelle éducation est encore possible, et laquelle ne l’est plus ? Quelles seront les conséquences de tous ces bouleversements technologiques sur l’éducation publique ? Et, sans éducation publique, que peut-il advenir de la démocratie ? Que serait une éducation devenue le « produit » de quelques entreprises géantes ( Big Tech ) propriétaires d’algorithmes aussi puissants qu’opaques ? Enfin, existe-t-il des lueurs d’espoir et péchons-nous par un excès de pessimisme pour oser demander si l’éducation possède encore un avenir ?
L’éducation est-elle encore possible ? • Jean-Philippe Boucher, Une mort grandement exagérée, à maintes reprises ; Dominique Lepage, L’intelligence collective à la rescousse ? ; Laurence Trudel, Revaloriser la mémoire naturelle et ses artifices ; Sébastien Mussi, Liquider l’éducation. Considérations, sur l’intelligence artificielle à l’école ; Raphaël Arteau McNeil, Fiction pédagogique.
Chronique de la fin d’un monde • Daniel Tanguay, Le naufrage d’un bouquineur.
Sous peine d’être ignorant • Raphaël Arteau McNeil, La singularité technologique.
Contributions libres • Michèle Sirois, Plaidoyer pour des droits universels, L’universalisme menace-t-il la diversité culturelle ? ; Heraldo Jacques, Quand l’algorithme devient le nouveau Dieu ; Carl Leblanc, S’habituer ? ; Patrick Dionne, Le pays de la soif.